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Publié le samedi 23 décembre 2017 à 09:00:00
Cancers autour de la plateforme chimique de Roussillon (Isère)

Mercredi 20 décembre 2017, en Mairie de Salaise-sur-Sanne, le Comité de Pilotage du Suivi Environnemental Global du pays Roussillonnais(1) a rendu publique une étude concernant les cancers autour de la plateforme chimique de Roussillon.

 

« Sauvons Notre Futur » est membre du collège « Associations » de ce  Comité de pilotage présidé par Madame Florence Gouache, sous-préfet de l’arrondissement de Vienne. Cette étude locale sur les cancers est l’une de nos plus anciennes exigences. Elle est enfin satisfaite grâce à la constance de notre action(2).

 

Conduite par Santé publique France(3), cette étude a été réalisée à partir du registre des cancers de l’Isère.

 

La méthode utilisée a consisté à décrire les niveaux de mortalité par cancer et l'incidence des cancers dans la population résidant, sur la période 2003-2013, à proximité de la plateforme chimique de Roussillon (Salaise-sur-Sanne, Roussillon, Péage-de-Roussillon, Saint-Maurice-l’Exil, Chanas et Sablons, soit une population moyenne de 28 122 habitants sur 1999, 2007 et 2012) et à déterminer s’il existe des excès de cancers dans cette population par rapport à une population prise comme référence, celle du département de l'Isère (population moyenne de 1 165 954 habitants sur 1999, 2007 et 2012).

 

Extrait du rapport de Santé publique France de décembre 2017 (conclusion) :

 

« Cette étude a permis de quantifier de façon précise le nombre de cas de cancers et de décès par cancer survenus dans la population des communes riveraines de la plateforme chimique de Roussillon entre 2003 et 2013. Elle fait suite à une précédente étude réalisée en 2007, qui analysait les mêmes données sur la période 1993-2002. Cette actualisation demandée par l'ARS et l'autorité préfectorale en 2015 a été motivée par un épisode médiatique pendant l'été 2014 évoquant « un nombre de cancers quatre fois supérieur à la moyenne nationale pour la seule agglomération Roussillonnaise ».

 

Les résultats de l'étude ne confirment pas la crainte, exprimée par des associations et relayée par les médias, d'un nombre très supérieur de cancers sur le secteur. En effet, l'étude montre, chez les hommes du secteur, une fréquence légèrement plus élevée de cancers (de l'ordre de +8 % par rapport à ce qui est observé chez les hommes du département de l'Isère) et un niveau de mortalité par cancer qui n'est pas statistiquement différent de la moyenne départementale. Chez les femmes, l'incidence des cancers et la mortalité par cancer sont au même niveau sur le secteur de Roussillon que dans le département de l'Isère.

 

Toutefois, les analyses par localisation cancéreuse montrent que les cancers touchant les voies respiratoires et principalement le mésothéliome de la plèvre (cancer de la membrane protectrice du poumon) sont retrouvés en excès sur le secteur de Roussillon. Pour le mésothéliome de la plèvre, le risque, en termes d'incidence et de mortalité, est multiplié par plus de 5 au sein de la population masculine de l'étude par rapport à la population masculine de l'Isère. De façon moins marquée, une surmortalité significative par cancers du larynx, de la trachée, des bronches et du poumon est observée chez les hommes et chez les femmes du secteur.

 

L’étude précédente portant sur la période 1993-2002 n’avait pas révélé un excès de cas « tous cancers » chez les hommes comme c’est le cas sur la période 2003-2013, mais elle montrait déjà une sur-incidence des cancers du poumon et des mésothéliomes de la plèvre chez les hommes habitant le secteur de Roussillon.

 

Le type d'analyse réalisé dans le cadre de cette étude fournit des résultats descriptifs qui ne permettent pas d'apporter des explications ou de montrer des relations de cause à effet. Cependant, quelques hypothèses peuvent être formulées.

 

L'excès de cancer observé chez les hommes habitant la zone est en grande partie lié au sur-risque de mésothéliome de la plèvre, dont on sait qu'il est lui-même en très grande majorité attribuable à une exposition professionnelle à l'amiante, produit qui a été utilisé au sein de la plateforme chimique de Roussillon.

 

Cette exposition professionnelle à l'amiante pourrait aussi expliquer une partie de la surmortalité par cancers du larynx et du poumon observée pour les deux sexes. Toutefois, le lien entre exposition à l'amiante et développement de ces cancers est moins fort (notamment chez les femmes). De plus, la structure sociale de la population du secteur de Roussillon est globalement moins favorable qu'en Isère ce qui est généralement associé à une plus grande fréquence du tabagisme, de loin la première cause de ces cancers.

 

Finalement, les excès de cancers des voies respiratoires et principalement du mésothéliome de la plèvre observés sur le secteur de Roussillon apparaissent davantage en faveur d'une exposition professionnelle qu'environnementale. La reconnaissance récente de la plateforme des Roches- Roussillon comme « site amiante » est un argument en faveur de cette exposition professionnelle.

 

Toutefois, cette étude ne permet pas d'écarter tout risque environnemental, notamment ceux engendrant d'autres pathologies que les cancers. »

 

Pour consulter le rapport complet de l’étude (37 pages) : Cliquez ici

 

(1) : En 2007, la Ministre de l’Environnement et du Développement Durable, Nelly Ollin, a souhaité lancer un suivi environnemental global (SEG) sur le secteur du Pays Roussillonnais. Cette décision répondait à des interpellations d’Organisations Non Gouvernementales (ONG) ayant exprimé leurs inquiétudes vis-à-vis de leur environnement. Une étude a ainsi été engagée sur un territoire de 20 km sur 20 km centré sur la commune de Salaise-sur-Sanne, afin d’évaluer l'impact des activités industrielles et des infrastructures de transport sur l'environnement global des populations, et le risque sanitaire auquel elles sont susceptibles de l'exposer. Pour conduire l’étude, une commission plénière pilotée par le Préfet de l’Isère et composée de 5 collèges a été mise en place. Un comité de pilotage a ensuite été instauré, sous pilotage du Sous-préfet de Vienne et regroupant les mêmes collèges.

 

(2) : Nous allons analyser dans le détail ce rapport : certains points sont à regarder de très près. Nous vous ferons part de nos remarques complémentaires à celles qui sont résumées dans le rapport. Les cancers sont la première cause de mortalité en France et c’est une maladie qui inquiète tout le monde. Mais les pollutions provoquent d’autres maladies qui peuvent être très handicapantes, voire mortelles ; notamment celles liées à la qualité de l’air et touchant les voies respiratoires supérieures (bronchites chroniques, asthme, …). Nous devons nous intéresser également à ces maladies, notamment chez les enfants. N’hésitez pas à nous faire part de vos remarques et d’éventuelles propositions d’actions.

 

(3) : Santé publique France est l’agence nationale de santé publique. Établissement public administratif sous tutelle du ministère chargé de la Santé, l’agence a été créée par le décret n° 2016-523 du 27 avril 2016 et fait partie de la loi de modernisation du système de santé (loi n°2016-41 du 26 janvier 2016).

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